Pourquoi un courtier en crédit ?

 
 
Obtenir le meilleur taux, réaliser un projet dans le meilleur délai, voire le réaliser tout court, tels sont les objectifs de tout emprunteur. Pour cela, faire jouer la concurrence n'est pas une vaine initiative, mais avons-nous, nous simples particuliers, la capacité de faire jouer la concurrence, avons-nous les ressources (temps, équipements, expérience) nécessaires pour constituer un dossier exhaustif et le présenter là où il faut au moment où il faut, sommes-nous informés de l'avantage de travailler à l'instant présent avec tel ou tel organisme de crédit ? Le courtier est notre représentant, notre avocat auprès des banques. Lui est motivé pour gagner sa vie... Dans les banques, les écrits restent, les hommes bougent ! L'exemple étant plus parlant que les beaux discours, voici un courrier retraçant les périgrinations d'un emprunteur.
 
 

Témoignage de Monsieur A :

 
A Ivry sur Seine, le 15 décembre 2009
   
 
A l'attention de Monsieur S, directeur d'agence de la BANQUE 1

Je suis client à titre professionnel de votre agence depuis le mois de mars 2006.

Il y a déjà plus d'un an, je vous faisais part de mon projet de changement de résidence principale. Ayant acheté en 2001 un appartement de 70 m2 à Ivry sur Seine, où est installé le siège de la société, je souhaitais acquérir un bien plus grand me permettant d'occuper un véritable local professionnel que me louerait mon entreprise. Vous m'aviez conseillé à l'époque, compte tenu du contexte global et pour ne pas handicaper mon équilibre financier, de ne pas souscrire de prêt relais mais de réaliser la vente de mon appartement avant d'acheter, afin de disposer concrètement d'un capital et de maîtriser le budget de ma nouvelle acquisition. J'ai suivi votre conseil et vous en suis reconnaissant. Il aura fallu un an pour qu'un acquéreur se positionne au mois de juillet 2009. La vente a été réalisée le 20 octobre et j'ai pu en toute sérénité récupérer un capital d'environ 160 000 €.

Le 10 septembre 2009, je signai un compromis à l'agence immobilière Belissimmo à Maisons-Alfort, pour l'achat d'une maison sur un terrain de 286 m2 pour le montant de 385 000 €. Le total tous frais inclus s'élève à 416 000 €. Le compromis comporte une clause suspensive liée à l'octroi d'un crédit, me demande de déposer le dossier à au moins un établissement et d'apporter la preuve de cette demande avant le 10 novembre 2009. Dans la foulée, le 11 septembre, j'ouvris un compte personnel à votre agence et y présentai le dossier de crédit à Monsieur E. Fort de la relation de confiance que j'entretiens depuis plus de 3 ans avec vous, je précise que je n'ai pas mis la BANQUE 1 en concurrence avec ma banque historique, la BANQUE 2, ni avec aucun autre établissement de crédit.

Monsieur E m'indiqua la liste des pièces à fournir - le dossier fut complet selon lui le jour même - et m'indiqua alors pouvoir donner un accord pour un montant de 246 000 € sur 25 ans au taux de 4,3% annuels. Il était donc convenu entre nous que mon apport s'élèverait à 170 000 € et que la mensualité de crédit serait inférieure à 1400 €. Malgré mes demandes incessantes, je n'ai jamais obtenu le certificat de dépôt de demande de crédit, ni le jour même, ni depuis deux mois et n'ai donc à aucun moment pu apporter la preuve de ma bonne foi auprès de l'agent immobilier, comme je devais le faire avant le 10 novembre.

Surpris de n'avoir aucune nouvelle, je passai à l'agence vers le 10 octobre et demandai à Monsieur E où en était le dossier. Monsieur E m'indiqua qu'il allait vous le présenter pour une décision favorable dans les plus brefs délais. Il m'a dit pouvoir éditer l'offre, mais y inclure la réserve de bonne réalisation de la vente de mon appartement. Je lui dis donc de patienter quelques jours, la date du 20 octobre étant fixée pour la signature de ma vente chez le notaire.

Le 20 octobre, je passai donc déposer le chèque de 160 000 € à Monsieur E et lui demandai d'activer le dossier. Monsieur E me fit remplir les demandes d'assurance. Début novembre, je passai une nouvelle fois à l'agence. Monsieur E s'excusa du temps qu'avait pris le dossier, me fit remarquer qu'il avait beaucoup travaillé dessus et m'indiqua que j'allais recevoir l'offre sous une semaine puisqu'il était dors et déjà accepté. Le 9 novembre, n'ayant malheureusement rien reçu, je m'enquis une nouvelle fois de l'évolution du dossier auprès de Monsieur E. Celui-ci se montra surpris de l'absence d'offre, s'engagea à rédiger et vous faire signer dans la journée le courrier d'accord de principe, à me rappeler lorsqu'il serait prêt et à relancer le service de rédaction des offres. Je revins le 12 pour lui demander l'accord de principe. Monsieur E ne put me le fournir car vous ne l'aviez pas encore signé selon lui. Je demandai le même jour un rendez-vous avec vous pour le mercredi 18 novembre.

Le 14 novembre, j'eus la surpris de recevoir un appel de Monsieur E m'indiquant qu'il manquait une signature dans la demande d'assurance. Je passai le lundi 16, pour la signer. Mercredi 18, lors de notre rendez-vous, le hasard nous permit d'aborder le sujet du crédit. Nous nous aperçûmes que Monsieur E n'avait envoyé le dossier à votre directeur de groupe que le 13 novembre, soit deux mois après ma demande. Il l'avait malheureusement envoyé sans votre avis préalable, pour une durée de 20 ans au lieu de 25 ans. Vous m'indiquiez de plus qu'il fallait apporter 176 000 € et demander un crédit de 240 000 € afin de préserver ma capacité d'endettement, ce qui n'était pas convenu avec Monsieur E. J'acceptai néanmoins sans difficulté de majorer mon apport.

Cette même semaine, vous récupériez le dossier pour en modifier la durée et prendre enfin la décision. Samedi 21, vous m'indiquiez que le dossier qu'avait constitué Monsieur E n'était pas complet, puisqu'il y manquait les avis d'imposition 2006 et 2007, ainsi que la copie du livret de famille. Vous me faisiez signer des déclarations patrimoniales sur lesquelles figurait le taux de crédit de 4,80%, soit 0,50% de plus que l'engagement de Monsieur E. Vous m'expliquiez que vous aviez demandé à Monsieur E de modifier la durée du crédit dans votre système informatique et qu'ainsi, il vous avait transmis de nouvelles conditions à 4,80%. Je fus mis devant le fait accompli et eus pour seule explication que vous ne pouviez plus modifier le dossier car trop de manipulations avaient été effectuées dessus. J'eus grand peine à obtenir de votre part la création d'un nouveau dossier, car me disiez-vous, il vous fallait tout retaper ! C'était de mon point de vue un moindre mal... Vous me dites ensuite ne pas pouvoir forcer le taux en-dessous de 4,8% dans votre système informatique et devoir faire appel à un "délégataire", ce qui risquait d'engendrer un délai supplémentaire. Fallait-il que je me mette en colère ? Le 21 novembre après-midi, vous m'indiquiez avoir rétabli la situation et apporter une décision favorable à mon financement au taux de 4,3%, tout en me faisant remarquer que vous aviez été surpris, mais satisfait de la négociation de votre conseiller en voyant le taux passer à 4,8% !!

L'offre de crédit fut reçue le 3 décembre 2009, pour une durée de 25 ans, au taux nominal de 4,30%. Je vous fis remarquer que vous n'aviez pas mentionné le bon notaire. Pour corriger l'erreur, il fallut à Monsieur E demander à l'agence immobilière qui était le bon notaire !
L'offre comportait de plus des clauses qui me pénalisaient, mais compte tenu de l'urgence, auraient pu passer sans difficulté, du moins peut-on le penser :
• " conditions de modularité du prêt : ...Sous réserve de l'accord de la Banque..., l'emprunteur a la possibilité de modifier le montant de ses échéances moyennant des frais calculés sur le montant de la dernière échéance selon le tarif en vigueur lors de la mise en place de la modulation... ". La Banque se réserve le droit de refuser la révision des échéances sans justification ou d'y appliquer des frais selon un tarif en vigueur. J'appris en posant la question que le tarif en vigueur était actuellement d'environ 300 €. La Banque a donc tous les moyens d'empêcher la modulation, donc de maintenir la mensualité initial, donc la durée, donc le montant des intérêts perçus...
• " remboursement par anticipation : ...Un nouveau tableau d'amortissement sera envoyé et facturé à l'Emprunteur... Lors de tout remboursement anticipé la BANQUE 1 percevra alors une indemnité dont le montant sera au plus égal à six mois d'intérêts sur le montant du capital remboursé par anticipation au taux moyen du prêt ; cette indemnité est toutefois plafonnée à 3% du capital restant dû avant le remboursement... ". Nous avions convenu que je n'aurais pas de pénalités, d'autant plus que vous m'emmeniez sur un prêt sur 25 ans.

Le 8 décembre, j'appelai votre Directeur de Groupe, Monsieur C, qui m'indiqua, satisfait, que l'essentiel était finalement que nous soyons dans les temps pour la signature de l'acte chez le notaire. Je formulerais plutôt cette phrase de la manière suivante : l'essentiel est que nous soyons dans les temps, dans les conditions qui ont été convenues. Il m'indiqua également que je bénéficiais d'un traitement préférentiel avec un taux que n'obtient pas Monsieur Tout le monde. Vous-même me dites que vous n'aviez pas demandé de clause spécifique, car vous aviez demandé un prêt modulable. La dispense de pénalités de remboursement anticipé n'avait donc pas besoin d'y figurer. Fort d'une expérience malheureuse avec la BANQUE 2, qui 8 ans plus tôt, me livra le même discours et écrivit les mêmes clauses que vous, je vous demandai avec insistance de rééditer une nouvelle offre. Le 11 décembre, vous me fites donc un courrier libre, indiquant qu'il n'y aurait pas de pénalités, sauf rachat par la concurrence et me dites que, bien que de qualité par l'apport, mon dossier était délicat par son montage. Bref, j'ai eu beaucoup de chance que vous acceptiez.

Dans le doute de l'obtention du prêt par votre agence et afin de ne pas me retrouver sans solution, avec comme obligation de verser 38500 € d'indemnités au vendeur du bien par le fait d'avoir dépassé le délai de la clause suspensive, je me mis à la recherche d'un nouveau prêt le 1er décembre, aux côtés de la société COFIA, courtier en crédit au PERREUX SUR MARNE. Nous sommes le 15 décembre, soit 10 jours ouvrés après cette démarche, et j'ai reçu ce jour une offre de prêt de la BANQUE 3 de Saint-Maurice dont les conditions m'agréent beaucoup plus que les vôtres. Nous bénéficions d'un taux de 3,95% sur 20 ans, soit une mensualité de 1510 € assurance incluse. Le coût du crédit y est de 51 000 € inférieur à celui que vous me proposez ! L'absence de pénalité de remboursement anticipé est directement stipulée dans les conditions particulières. La modularité des échéances est gratuite.

Permettez-moi de reprendre vos termes lorsque vous étiez missionné par votre direction de m'informer de sa décision de transférer mes comptes de votre agence à une autre : "Ne le voyez pas comme une sanction". Alors, ne le voyez pas comme une sanction, mon épouse et moi avons, à regret, décidé d'accepter l'offre de la BANQUE 3.

Je déplore le manque de professionnalisme, ou l'âpreté au gain, avec lesquels ma demande a été traitée. Restant client à titre professionnel, j'espère que la BANQUE 1 saura proposer le geste commercial qui convient.

Je vous prie d'agréer Monsieur S, l'expression de mes sincères salutations.

Monsieur A
 
 
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